Les ONGs défendant les droits de l’homme et des minorités, en particulier, lancent un cri d’alarme au médiateur Burundais Benjamin MKAPA, aux Chefs d’Etats de la Communauté Est Africaine et à la communauté internationale pour dénoncer l’exclusion répétée des groupes ethniques minoritaires et surtout la minorité swahilie qui a été exclue pendant les pourparlers d’Arusha I et dont les conséquences sociales néfastes pèsent lourdement sur cette minorité sans défense, qui est aujourd’hui la seule composante ethnique non reconnue au Burundi et dont ses membres ne sont pas reconnues comme les sujets des droits dans leur patrie.


Le médiateur Burundais, les Chefs d’Etats de la Communauté Est Africaine et la communauté internationale sont entrain de permettre une répétition d’une histoire tragique contre une minorité qui a longtemps souffert d’exclusion et de stigmatisation sociale des groupes ethniques majoritaires.


Le médiateur Burundais, les Chefs d’Etats de la Communauté Est Africaine et la communauté internationale sont entrains de commettre une erreur irréparable en restant muets face à une regrettable répétition d’une histoire tragique des négociations d’Arusha qui ont abouti à l’exclusion systématique des ethnies minoritaires dont certaines sont historiquement héroïques dans l’histoire sociopolitique du Burundi.


La médiation Est Africaine commet la même erreur que les pourparlers d’Arusha I où la communauté Internationale s’est focalisée sur les deux ethnies majoritaires en conflit sans toutefois donner la possibilité aux minorités sans défense de faire valoir leurs revendications et protéger leurs droits vis-à-vis des ethnies dominantes au sein de la société burundaise qui est aussi la leur.


La tendance de la médiation Est Africaine à donner plus d’importance et de pouvoir de négocier aux groupes ethniques majoritaires, qui ont le monopole de l’armée nationale et qui se sont donnés les droit de décider à la place des minorités sans défense laisse à croire que la médiation n’a pas tiré aucune leçon des erreurs du passé et ne prends pas toujours en comptes les revendications des minorités exclue et sans défense.


L’expérience malheureuse des pourparlers d’Arusha I où la communauté internationale a sacrifié les droits des minorités sans défense et non-violentes dont la minorité swahilie et Twa, pour satisfaire les ethnies majoritaires, ne doit pas se répéter pour ces nouvelles négociations assorties de l’échec des accords bi-ethniques d’Arusha à résoudre les véritables problèmes sociaux que traversent la société burundaise depuis plusieurs décennies.


La question d’exclusion des minorités swahilie et Twa ne doit pas être ignorée par la médiation Est Africaine car ce serait trahir les principes de la Communauté et abandonner un peuple, qui ne cesse pas de crier au secours, dans le plus grand désespoir et souffrances.


La mission de la médiation entreprise par la communauté Est Africaine pour résoudre la crise au Burundi doit protéger la paix et de garantir le respect de ses principes énoncés aux articles 6(d) et 7(2) du Traité de l’EAC (Treaty for Establishment of the East African Community).


La question d’exclusion des minorités swahilie et Twa ne doit être ignorée par la médiation Est Africain car ce serait trahir les principes de la Communauté et abandonner un peuple, qui ne cesse de crier au secours, dans le plus grand désespoir et souffrances.


Vu l’insensibilité et la méfiance interethniques observées sur tous les échelons sociaux dans notre pays et le rejet sociopolitique que la classe politique burundaise observe à l’égard de la minorité swahilie et Twa justifient sans doute la volonté des groupes ethniques majoritaires puissants à exclure définitivement les swahilis et Twa dans l’échiquier politique burundais.


Les pourparlers ont toujours été le seul moyen et la seule occasion aux burundais de discuter sur les problèmes qui déchirent notre société. Ces pourparlers devraient normalement être sanctionnés, à la fin, par un accord convenu par toutes les composantes sociales, y compris la minorité swahilie et Twa, touchées par les divisions et les exclusions sociales qui sont à l’origine des conflits répétés au Burundi. Mais la médiation Est Africaine et la Communauté internationale préfèrent rester muet et laisser sacrifier les droits des ethnies minoritaires pour satisfaire l’injustice des ethnies majoritaires susceptibles de perturber la paix.


Les pourparlers burundais déterminent l’avenir de la société burundaise dans tous ses aspects et la place de chacun dans notre société. Tout se joue pendant les négociations, chaque groupe ethnique défend ses propres intérêts et pas plus. Et chacun veut exclure l’autre pour gagner beaucoup plus. Les ethnies minoritaires les plus faibles dont les swahilis et les Twa sont victimes de la médiation partiale de Benjamin MKAPA et de l’insensibilité de la communauté Est Africaine à l’exclusion des minorités.


La venue de la délégation de Benjamin MKAPA au Burundi, du 03 au 05/2017, pour rencontrer les Organisations de la société civile Burundaise qui n’ont pas été invitées à Arusha, laisse à croire que le médiateur est déterminé à exclure la minorité Swahilie car les organisations défendant cette minorité et les activistes Swahilis n’ont pas été invité à participer à cette rencontre dont ils ont tant demandé jusqu’à aller manifester à Arusha devant le complexe où a lieu les négociations d’Arusha.


Pourquoi Benjamin MKAPA est-il déterminé à exclure les minorités sans défense dans ces négociations?


Pourquoi refuse-t-il de les accorder même pas un moment pour écouter leurs revendications?


Qui fixe les règles dans cette médiation est-ce le Médiateur Benjamin MKAPA ou le Gouvernement Burundais ou l’opposition ?


C’est tellement regrettable de voir combien le Médiateur Benjamin MKAPA utilise le pouvoir et la confiance que la communauté Est Africaine, la communauté internationale et le peuple burundais lui ont confié pour infliger aux minorités sans défense une horrible injustice en leur privant le droit d’être entendu et d’être traité au même pieds d’égalité comme tous les autres citoyens Burundais.


Bien que la médiation Est Africaine et la communauté internationale restent insensibles à l’exclusion de la minorité swahilie et Twa du Burundi, les swahilis et Twa restent en droits, en tant que des minorités marginalisées, d’exiger une action immédiate de la part de la communauté Est Africaine et la Communauté internationale et exiger sa participation aux pourparlers en tant que victime historique des divisions, d’exclusions et des conflits sociopolitiques dont les responsables sont le pouvoir et la classe politique burundaise qui ont répétitivement décidé d’exclure les swahilis, depuis la fin de la colonisation jusqu’à ce jour, dans chaque processus ou du cercle de prise de décision au Burundi.


C’est dans cette optique que les activistes swahilis ont adressé une lettre au médiateur burundais pour lui demander d’être impartial et de permettre les groupes minorités la possibilité de débattre leurs problèmes avec les leaders politiques Burundais sans oublier ceux de la société civile burundaise.


Mais aussi nous demandons aux Chefs d’Etats de la communauté Est Africaine d’exiger la participation des minorités marginalisées dans ces pourparlers afin de trouver pour une fois pour toute une solution concertée et convenable à tous.


La communauté Est Africaine et la Communauté internationale doivent savoir que la reconnaissance et la protection des droits des minorités swahilie et Twa ne doivent pas être laissées sous la responsabilité du pouvoir et de la classe politique burundaise, seulement, parce qu’ils sont les responsables de leur marginalisation.