Les accords d’Arusha et la constitution burundaise sont le résultat d’une expérience malheureuse assortie des tentations hégémoniques approuvée par la classe politique burundaise. Ils incarnent l’une expression délibérée des volontés politiques très discriminatoires déterminées à donner une considération supérieure aux ethnies majoritaires (Hutu et Tutsi) au détriment des minorités sans défense (Swahili, Twa et Ganwa). L’accord d’Arusha est la véritable source des inégalités entre citoyens burundais, d’injustice sociale et d’exclusion, consentie par la classe politique burundaise, des minorités.


Ces accords sont une preuve qui justifie l’attachement des acteurs politiques burundais aux intérêts de leurs ethnies qu’à ceux de l'ensemble de la population burundaise. Il est sans dire qu’il est interdit à tout parti politique burundais de faire des propagande ethnique et de propager des idéologies ethniques et tout parti doit défendre les intérêts de la population burundaise sans discrimination. Mais le G7 et le G10 autrement dit des leaders des partis politiques dits hutus et Tutsis ont réussi, ont trahi la société burundaise en devenant les représentants des leurs propres ethnies (Hutu et Tutsi), et grâce à leurs positions et leurs rapports de forces, ils ont décidé de monopoliser les droits garantis à tous les citoyens à leurs ethnies respectives et à résoudre les tensions entre eux ( hutus et tutsi) sans tenir compte des préjudices que leurs décisions discriminatoires auront causé chez les minorités sans défenses.


Depuis son adoption, la constitution burundaise, qui est le produit des Accords d’Arusha, divise expressément sa population entre deux classes sociales très inégales, d’une part la classe des dominants, défendue par les leaders de G7 et de G10 et qui bénéficient de tous les droits civiques et politiques et d’autre part la classe des exclus (dominés), qui a été mise à l’écart par les leaders de G7 et le G10, formée par les minorités faibles et sans défense les Twas et les Swahilis, qui bénéficient des droits civiques et politiques restreints et dont leur promotion et leur accession aux fonctions publiques et politiques dépendent de la volonté des membres des ethnies dominantes et non du droit.


L’article 129 de la constitution Burundaise stipule que :


Le Gouvernement est ouvert à toutes les composantes ethniques. Il comprend au plus 60% de ministres et de vice-ministres hutu et au plus 40% de ministres et de vice-ministres tutsi. Il est assuré un minimum de 30% de femmes.


Et l’article 143 stipule que :


L'administration est largement représentative de la nation burundaise et doit refléter la diversité de ses composantes. Les pratiques qu'elle observe en matière d'emploi sont fondées sur des critères d'aptitude objectifs et équitables ainsi que sur la nécessité de corriger les déséquilibres et d'assurer une large représentation ethnique, régionale et de genre. La représentation ethnique dans les entreprises publiques est pourvue à raison de 60% au plus pour les Hutu et 40% au plus pour les Tutsi.


L’article 51 de la constitution confirme que :


Tout Burundais a le droit de participer, soit directement, soit indirectement par ses représentants, à la direction et à la gestion des affaires de l'État sous réserve des conditions légales, notamment d'âge et de capacité.


Tout Burundais a également le droit d'accéder aux fonctions publiques de son pays.


D’après ces articles, tout Burundais veut dire hutus et tutsis seulement. Et les autres citoyens ?